Intelligence artificielle, apprentissage du français écrit et accessibilité pour les apprenants sourds en Algérie : potentialités, limites et conditions d’inclusion

الذكاء الاصطناعي وتعلّم اللغة الفرنسية المكتوبة وإمكانية الوصول لدى المتعلمين الصم في الجزائر: الإمكانات والحدود وشروط الإدماج

Artificial Intelligence, Written French Learning, and Accessibility for Deaf Learners in Algeria: Potential, Limitations, and Conditions for Inclusion

Lamia Karrah

Lamia Karrah, « Intelligence artificielle, apprentissage du français écrit et accessibilité pour les apprenants sourds en Algérie : potentialités, limites et conditions d’inclusion », Aleph [], 30 October 2026, 03 November 2026. URL : https://aleph.edinum.org/18285

L’accès au français écrit constitue un enjeu pédagogique et social pour les apprenants sourds, dont les répertoires et les parcours linguistiques sont hétérogènes. Cet article de réflexion examine les potentialités de dispositifs fondés sur l’intelligence artificielle pour soutenir certaines activités de lecture, de production écrite et d’accès aux ressources scolaires en contexte algérien. Il procède à une analyse critique des arguments et des exemples technologiques présents dans le manuscrit, sans présenter de collecte de données ni de mesure expérimentale d’impact. L’examen distingue les outils numériques ordinaires des systèmes d’apprentissage automatique, la reconnaissance de signes de leur traduction et les prototypes des services accessibles aux utilisateurs. Il souligne que les langues des signes ne sont pas interchangeables et qu’un dispositif entraîné sur la langue des signes américaine ne peut être présumé adapté à la langue des signes algérienne. Les bénéfices envisagés concernent l’accessibilité de certains contenus et l’accompagnement pédagogique, sous réserve de validation linguistique, de supervision humaine, de protection des données et de formation des enseignants. En l’absence d’évaluation de terrain, aucun effet sur les apprentissages ou l’inclusion sociale ne peut être établi. La contribution propose ainsi un cadre de vigilance méthodologique et éthique pour de futures études contextualisées.

يمثل الوصول إلى الفرنسية المكتوبة مسألة تربوية واجتماعية لدى المتعلمين الصم، مع اختلاف مساراتهم التعليمية ومواردهم اللغوية. تتناول هذه المقالة النظرية إمكانات بعض الأنظمة القائمة على الذكاء الاصطناعي لدعم القراءة والكتابة وإتاحة الموارد المدرسية في السياق الجزائري. وتعتمد قراءة نقدية للحجج والأمثلة التقنية الواردة في النص، من دون الادعاء بإنجاز تجربة ميدانية أو قياس نتائج فعلية. وتميز الدراسة بين الأدوات الرقمية التقليدية وأنظمة التعلم الآلي، وبين التعرف على الإشارات وترجمة لغات الإشارة، وبين النماذج الأولية والخدمات المتاحة. كما تؤكد أن لغات الإشارة ليست متطابقة، وأن نجاح تقنية مع لغة الإشارة الأمريكية لا يثبت صلاحيتها للغة الإشارة الجزائرية. وتشمل الإمكانات المتوقعة تحسين إتاحة بعض المحتويات والدعم التعليمي، شريطة التحقق اللغوي والإشراف البشري وحماية البيانات وتأهيل المعلمين. وفي غياب بيانات ميدانية أصلية، لا يمكن إثبات أثر مباشر على التعلم أو الإدماج الاجتماعي. وتقترح المقالة بناء على ذلك شروطا منهجية وأخلاقية لاختبار هذه الفرضيات في بحوث جزائرية لاحقة.

Access to written French raises educational and social questions for Deaf learners, whose language repertoires and educational pathways are heterogeneous. This conceptual article examines the potential of artificial-intelligence-based systems to support selected reading, writing and educational accessibility activities in Algeria. It offers a critical analysis of the arguments and technological examples included in the source manuscript, without claiming to report an empirical intervention or measured outcomes. The discussion distinguishes ordinary digital tools from machine-learning systems, sign recognition from sign-language translation, and experimental prototypes from accessible services. It stresses that sign languages are not interchangeable and that a system trained for American Sign Language cannot be assumed to support Algerian Sign Language. Potential benefits concern access to specific materials and supported learning, provided that linguistic validation, human oversight, privacy safeguards and teacher preparation are secured. Since no original field evaluation is supplied, the paper cannot establish effects on language acquisition or social inclusion. Its contribution is therefore methodological and critical: it specifies the evidentiary conditions under which claims about inclusive AI-supported language teaching could later be tested in Algerian educational contexts.

Introduction

L’enseignement et l’apprentissage du français écrit par des apprenants sourds soulèvent des questions didactiques qui ne se réduisent ni à une déficience individuelle ni au seul équipement technologique des établissements. Les élèves concernés ne constituent pas un groupe linguistiquement homogène : selon leur histoire scolaire, leurs pratiques familiales et leurs conditions d’accès aux langues, leurs répertoires peuvent comprendre une langue des signes, l’arabe, le français écrit ou d’autres ressources sémiotiques. Dans le contexte algérien, la place de la langue des signes algérienne doit être étudiée sans présumer que tous les élèves en ont le même degré de maîtrise.

L’intelligence artificielle est souvent envisagée comme un moyen de réduire certains obstacles de communication et d’accès aux connaissances. Cette perspective mérite examen, mais la promesse d’accessibilité ne constitue pas, en elle-même, une preuve d’apprentissage ; de même, un accès facilité à l’information n’équivaut pas à une inclusion sociale effective. Les effets éventuels dépendent de la tâche, des langues effectivement prises en charge, de l’accompagnement pédagogique, des conditions matérielles et des choix des personnes sourdes elles-mêmes.

La question de cette contribution est donc la suivante : à quelles conditions des systèmes précisément identifiés, mobilisant des techniques d’intelligence artificielle, pourraient-ils soutenir l’apprentissage du français écrit et l’accessibilité pédagogique d’apprenants sourds en Algérie ? Nous distinguons trois plans : les besoins éducatifs et linguistiques, les fonctionnalités et limites techniques des dispositifs, et les conditions sociales et institutionnelles de leur utilisation.

La démarche d’analyse comporte trois opérations complémentaires. Elle caractérise d’abord les obstacles d’accès au français écrit sans les ramener à une propriété cognitive générale de la surdité. Elle examine ensuite les outils selon leurs opérations réelles, leurs langues, leur disponibilité et le type de preuve fourni à leur sujet. Elle confronte enfin les bénéfices envisagés aux dimensions observables de l’inclusion et aux contraintes de terrain. Il s’agit d’une grille heuristique destinée à l’examen critique d’options pédagogiques, non d’un instrument validé statistiquement.

La contribution relève d’une réflexion critique et conceptuelle. Elle ne repose sur aucune enquête, observation de classe, passation d’instrument, expérimentation ou mesure d’effet conduite pour cet article ; elle ne constitue pas non plus une revue systématique. Son apport réside dans une grille d’examen articulant trois plans — besoins linguistiques et éducatifs, caractéristiques techniques et limites des systèmes, conditions sociales et institutionnelles d’usage — et quatre distinctions opératoires : outil numérique et modèle d’apprentissage automatique ; reconnaissance d’unités signées et traduction en contexte ; prototype et service disponible ; enfin, spécificité de chaque langue des signes. Cette démarche vise à préciser les conditions de preuve d’une éventuelle contribution des outils à l’enseignement du français écrit.

1. Apprentissage du français écrit, langues signées et inclusion

Les difficultés pouvant apparaître dans les activités de lecture, de morphosyntaxe et de production écrite doivent être rapportées aux conditions d’accès aux langues, aux parcours scolaires et aux pratiques d’enseignement. Elles ne permettent pas de déduire un profil cognitif uniforme des apprenants sourds. Parler de « lacunes » générales ou d’un développement cognitif intrinsèquement différent conduit à naturaliser des obstacles qui peuvent être aussi sociaux, institutionnels et didactiques.

Une langue signée est une langue à part entière, avec ses structures grammaticales et ses ressources expressives. La langue des signes algérienne (LSA) ne saurait être traitée comme un simple codage gestuel du français, ni confondue avec la langue des signes américaine (ASL). L’articulation entre LSA et français écrit doit être pensée comme une relation entre langues et modalités distinctes, à documenter dans les situations scolaires envisagées.

Cette prudence est particulièrement nécessaire lorsque les données sociolinguistiques manquent. Aucun recensement ni relevé local n’a été mobilisé pour établir la distribution des répertoires des élèves sourds en Algérie. Les profils discutés sont des configurations possibles, non des catégories dont la fréquence aurait été mesurée. Des élèves peuvent notamment différer par leur âge d’entrée dans une langue signée, leur expérience du français écrit, les choix de communication de leur entourage et les types de scolarisation ; ces différences doivent être décrites par l’enquête, et non anticipées par le diagnostic de surdité.

L’inclusion ne se résume pas à la présence physique de l’élève dans une classe ordinaire : elle engage la participation effective, l’accès aux interactions compréhensibles, la possibilité de faire valoir ses besoins et l’exercice de son autonomie. La distinction entre dimensions spatiale, sociale et pédagogique de l’inclusion est utile pour évaluer un dispositif, sans confondre accès matériel et égalité des conditions d’apprentissage.

Les approches de l’inclusion scolaire permettent de distinguer la présence dans les lieux, la participation aux relations sociales et l’accès réel aux apprentissages. Ces dimensions ne sont pas interchangeables : un support accessible n’assure ni la participation à des interactions comprises, ni la progression dans la lecture et l’écriture, ni la reconnaissance des droits linguistiques. Les rapprochements avec les travaux sur la communication et la pragmatique doivent rester contextualisés ; une difficulté constatée dans une situation donnée n’autorise aucune caractérisation générale de tous les élèves sourds.

2. Innovation pédagogique, numérique et systèmes d’IA

L’innovation pédagogique désigne une modification intentionnelle d’une pratique éducative dont l’intérêt doit être apprécié au regard d’objectifs définis. Elle ne se confond pas avec la seule acquisition d’un outil. Les propositions de Bédard et Béchard (2009) ainsi que les réflexions réunies par Loisy et Lameul (2014) invitent à replacer l’équipement dans l’organisation des apprentissages, les interactions et la formation des enseignants.

Les notions de numérisation, de transformation numérique et d’intelligence artificielle exigent également une distinction. Un document accessible, une plateforme éducative ou une vidéo sous-titrée peuvent ne mobiliser aucun apprentissage automatique. À l’inverse, des logiciels de reconnaissance de formes, des modèles de traduction et certains générateurs de texte relèvent de familles techniques différentes. Leur efficacité ne se déduit pas de l’étiquette commune « IA ».

L’apprentissage automatique permet à des systèmes de dégager des régularités à partir de données. L’apprentissage profond en constitue une sous-famille recourant à des réseaux de neurones artificiels. Dire que ces réseaux « miment le cerveau humain » serait une métaphore trompeuse si elle était présentée comme une description suffisante de leur fonctionnement. Dans l’éducation, l’intérêt scientifique réside dans la tâche effectivement accomplie, les données d’entraînement, la qualité de sortie et les erreurs documentées.

Une innovation destinée à un public sourd doit ainsi être évaluée avec les apprenants et les enseignants concernés : qualité de l’accès au contenu, compréhension des consignes, pertinence des retours, effort cognitif, confidentialité et pérennité des ressources. La nouveauté technique ne garantit ni pertinence didactique ni amélioration des apprentissages.

Dans cette perspective, une aide à la lecture ne devrait pas être évaluée uniquement sur la rapidité de production d’un texte simplifié. Il conviendrait d’examiner la fidélité au sens, la conservation des contenus disciplinaires, la compréhension par l’apprenant et la possibilité de demander une explication supplémentaire. De même, une proposition de correction orthographique devrait être distinguée d’une activité de construction autonome de la compétence écrite : un texte amélioré automatiquement n’est pas nécessairement la preuve d’un apprentissage durable.

3. Reconnaissance de signes, traduction, avatars : potentialités et limites

Les systèmes de reconnaissance automatique de langues signées, les dispositifs instrumentés et les avatars constituent des familles distinctes. Reconnaître un signe isolé, interpréter une séquence en contexte, produire une phrase écrite et générer une expression signée impliquent des problèmes linguistiques et des critères d’évaluation différents. Il faut notamment distinguer un modèle d’analyse du mouvement, un système de traduction et un outil de restitution pédagogique.

La modalité signée ne mobilise pas uniquement les mains : expressions faciales, orientation du regard, mouvements du corps, spatialisation et dynamique temporelle peuvent participer au sens. De ce fait, un gant instrumenté ne capte qu’une partie des informations pertinentes. Le prototype SignAloud doit être présenté pour ce qu’il est, non comme un interprète automatique universel. Les limites générales des systèmes de gants de reconnaissance de signes ont été décrites dans la littérature technique.

L’expression « Google Sign Language Translate », utilisée dans la première version du manuscrit pour désigner une fonction de Google Traduction, ne correspond pas à un service officiellement documenté dans les sources examinées. Elle est donc écartée de l’inventaire des outils disponibles. Cette rectification est importante : la publication d’une démonstration, l’annonce d’un modèle de recherche et la présence d’une fonction utilisable dans un logiciel courant sont trois états technologiques distincts.

Google a annoncé SignGemma en 2025 comme un projet de modèle de compréhension et de traduction des langues signées, présenté à cette date comme particulièrement orienté vers l’ASL et l’anglais (Google Developers, 2025). Une annonce ne suffit pas à prouver un niveau de disponibilité, des performances transférables ou une compatibilité avec la LSA. Le 12 août 2026, Google DeepMind a présenté séparément SL2T, un système de traduction de langues des signes vers du texte ; sa première intégration annoncée dans Gboard et Live Transcribe sur Pixel 11 concerne l’ASL vers l’anglais (Google DeepMind Sign Language Team, 2026 ; Yuan, 2026). Les résultats publiés par l’entreprise doivent être lus selon les conditions d’évaluation qu’elle rapporte, sans être assimilés à une validation indépendante auprès d’élèves sourds algériens. La présence de plusieurs langues dans l’entraînement du modèle n’établit pas une prise en charge fonctionnelle de la LSA.

Les agents conversationnels et générateurs de texte peuvent, dans certains scénarios, reformuler des consignes, fournir des exemples progressifs ou aider l’enseignant à produire différentes versions d’un support de français écrit. Ils peuvent également produire des erreurs grammaticales, des explications inadaptées ou des contenus non vérifiables. Leur usage appelle donc une validation humaine, notamment lorsqu’ils concernent des apprenants jeunes ou exposés à des difficultés d’accès aux consignes.

Une évaluation rigoureuse devrait préciser le fournisseur, le nom du système, la version, la date, son statut (recherche, prototype, service), la langue signée, la langue écrite cible, la population d’usage, le corpus de test et les métriques. Les indicateurs pertinents pourraient inclure la qualité de traduction, la couverture lexicale, les erreurs de reconnaissance, le traitement des marqueurs non manuels, la latence, les conditions de confidentialité et la satisfaction de signants. Leurs valeurs ne sont pas disponibles ici pour un usage scolaire en LSA : aucune performance chiffrée ne sera donc imputée à cette population.

4. Accessibilité et participation sociale : conditions d’une relation à étudier

L’accès à l’information est une condition importante de l’autonomie, mais il ne constitue pas un indicateur suffisant d’inclusion sociale. Une technologie peut rendre une consigne plus accessible sans modifier, à elle seule, les possibilités d’interaction avec les pairs, la reconnaissance des droits linguistiques ou les pratiques d’évaluation. Parler d’impact impose donc de définir des résultats observables et de les comparer dans des conditions explicites.

Les indicateurs envisageables pourraient comprendre l’accès autonome aux supports, la participation à des échanges en classe, la compréhension du français écrit dans des tâches comparables, le sentiment d’appartenance et les choix exprimés par les apprenants. La définition et l’interprétation de ces indicateurs exigeraient la participation de personnes sourdes et de professionnels compétents. Ils sont proposés ici comme pistes de recherche et non comme variables déjà mesurées.

Une future opérationnalisation pourrait distinguer des indicateurs à court terme (compréhension d’une consigne, réalisation autonome d’une tâche, nombre de demandes de reformulation) et des indicateurs de participation plus larges (prise de parole en modalité accessible, interactions avec les pairs, sentiment d’appartenance, pouvoir de choix). Un protocole pertinent requerrait des mesures antérieures et postérieures, une durée suffisante, des outils comparables et la prise en compte des pratiques linguistiques des élèves. Ces propositions décrivent des conditions de recherche, sans prétendre qu’elles ont été mises en œuvre.

Une pédagogie accessible peut mobiliser des supports multimodaux, des explications en langue signée lorsque celle-ci est pratiquée et enseignée, des textes gradués et des retours individualisés. Certaines fonctions d’IA peuvent compléter ces pratiques, mais elles ne remplacent ni un enseignement explicite du français écrit ni l’accès à une communication linguistiquement adaptée. La qualité du dispositif dépend de l’agencement pédagogique, pas de l’automatisation seule.

5. Contraintes matérielles, formation et exigences éthiques

Le manuscrit signale la charge financière des équipements, la formation des enseignants et la fragilité de l’accès aux outils spécialisés. Ces questions sont centrales, mais le texte ne fournit pas de données de coût, de comparaison de solutions ou d’enquête auprès d’établissements algériens. Elles doivent donc être formulées comme des contraintes plausibles à documenter plutôt que comme des résultats de terrain.

Une formation pertinente devrait articuler connaissances sur les parcours des apprenants sourds, compréhension des langues signées, didactique du français écrit, maîtrise des limites des outils et capacité à vérifier leurs sorties. L’enseignant doit pouvoir choisir de ne pas utiliser un dispositif dont le coût, la fiabilité ou l’inadéquation linguistique risqueraient de renforcer l’exclusion.

Le choix des outils devrait par ailleurs intégrer les coûts d’équipement et de maintenance, l’accès à une connexion stable, l’assistance technique, l’appropriation par les enseignants et le risque de dépendance à un fournisseur. Une solution peu coûteuse, disponible hors ligne et pédagogiquement validée peut être préférable à un modèle sophistiqué insuffisamment adapté à la langue et au contexte. L’exigence de pertinence se mesure donc à la situation d’apprentissage et non au prestige du système.

La captation vidéo de signes peut contenir le visage, le corps et d’autres éléments permettant l’identification. Tout dispositif employé dans une situation éducative devrait préciser les finalités du traitement, la conservation des données, les droits d’accès et les conditions de protection, notamment en présence de mineurs. Le présent article ne mobilise pas de données humaines originales, d’images d’élèves ni d’enregistrements de personnes sourdes ; il ne rapporte donc ni collecte ni consentement de participants. Cette absence d’enquête doit être distinguée des obligations qui s’appliqueraient à une étude future. La vérification documentaire et la préparation éditoriale ont pu faire appel à une assistance logicielle ; les modalités détaillées de cette assistance et la déclaration de responsabilité humaine relèvent des métadonnées de publication validées par l’auteure.

Les langues signées insuffisamment représentées dans les données d’entraînement sont particulièrement exposées à des erreurs de reconnaissance et de traduction. Les communautés concernées doivent donc être associées à la définition des besoins, à la sélection des données et à l’évaluation. L’objectif est d’éviter que l’introduction de l’IA substitue une norme linguistique extérieure à la diversité des pratiques locales.

6. Limites de la contribution et perspectives de recherche

Cette contribution ne repose ni sur une enquête auprès d’apprenants sourds algériens, ni sur une expérimentation de systèmes d’intelligence artificielle, ni sur une revue systématique fondée sur une recherche documentaire exhaustive. Les effets sont envisagés comme des hypothèses de travail, et non comme des résultats originaux. L’inventaire des dispositifs est illustratif, non exhaustif ; il ne garantit ni la pérennité des services ni l’existence d’une fonction accessible en LSA. Le cadre proposé permet surtout de définir les informations que des recherches ultérieures devraient fournir pour qu’une proposition d’usage soit discutable et réplicable.

Une recherche ultérieure pourrait comparer, dans un cadre éthique explicite, un scénario d’apprentissage avec et sans un outil précisément identifié, en tenant compte des compétences initiales, des langues pratiquées, des objectifs pédagogiques et des conditions de classe. Une approche mixte pourrait associer productions écrites, observations d’interaction et retours des apprenants et enseignants. Il ne s’agit pas ici d’affirmer qu’une telle étude a eu lieu, mais de définir les exigences nécessaires pour tester l’hypothèse d’un bénéfice.

Conclusion

Les systèmes mobilisant l’intelligence artificielle ouvrent des possibilités d’accessibilité et d’appui à l’apprentissage du français écrit, à condition de raisonner en termes de fonctionnalités effectives, de langues réellement prises en charge et de situations d’enseignement identifiables. Reconnaissance de signes, traduction, avatars et génération de texte ne sont pas des technologies équivalentes ; aucune performance obtenue en ASL ne permet de présumer une adaptation fiable à la LSA.

L’inclusion dépasse la disponibilité d’un équipement : elle engage la participation effective, l’accès aux langues, les relations avec les pairs, la formation des enseignants et le respect des droits des personnes sourdes. Aucune évolution des apprentissages ou de l’inclusion sociale n’ayant été mesurée dans le cadre de cette contribution, il serait abusif d’en conclure à un impact démontré. L’apport de l’article est de proposer une grille critique de décision et de recherche : partir des besoins, documenter les systèmes, puis apprécier les conditions sociales et institutionnelles de leur usage. La responsabilité scientifique consiste ici à formuler une hypothèse praticable sans convertir la promesse technologique en résultat.

Références bibliographiques

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